lundi 5 janvier 2009

Article 114 [Loin d'ici avec les pingouins]




Sam Glass vivait à Londres, mais il n'aimait pas le bruit. Il avait conscience d'un grondement perpétuel qui se poursuivait tout la nuit : les battements du coeur de la cité, mais aussi les gargouillis de son propre estomac, les craquements de ses jointures, les borborygmes de ses intestins. Le bruit l'angoissait, accélérait son rithme cardiaque, lui tournait la tête, lui donnait des bourdonnements d'oreilles. Parfois, au passage d'un avion ou d'une moto, il se figeait, paralysé par le vacarme. Allongé dans son lit, le soir, il tendait l'oreille aux sons de la nuit londonienne et s'efforçait de trouver un silence au milieu du tumulte.

-Lucy a envoyé valdiguer toutes nos assiètes, expliqua Sam à Kasia.
-Mais j'avais une bonne raison, affirma Lucy.
-Laquelle ? s'étonna Sam.
-Eh bien, tu sais ce que c'est, Kasia : les hommes sont censés remplis un rôle vis-à-vis des femmes. Les pères et les maris subviennent à leurs besoins, les frères les protègent et les instruisent, les petits amis leur offrent des cadeaux - fleurs, massage, lingerie, etc.

Il était presque huit heures du soir et Sam était épuisé. Ses mains lui faisaient mal, la tête lui tournait, il avait la gorge deséchée. Sa tâche était terminée, il avait fait tout ce qu'il avait à faire, il était allé au bout de tout ce qu'il avait prévu. Il s'approcha de la fenêtre et contempla le ciel clair de juillet.
Ce qui est marrant avec les étoile, pensa-t-il, c'est qu'on ne peut pas le voir de jour.

Un sourire éclaira son visage : Léo aurait été fier de lui. Quel dommange que ni l'un, ni l'autre ne soit là pour contempler le désastre, lundi matin ! Quand un type glisse sur un peau de banane, c'est drôle seulement si il y a quelqu'un pour le voir, avait coutume de dire Léo. Mais Sam pensait : C'est drôle aussi quand on sait d'avance que le type va glisser.

Aucun commentaire: